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Le récit complet de ma dépression

Une dépression n'arrive jamais pour rien
La dépression n’arrive jamais pour rien..

Ce qui va suivre peut être choquant

Certains passages de l’article sont choquants. Je recommande à chacun de prendre ses responsabilités et de ne pas écouter cet audio ou de lire cet article si on est fragile mentalement, afin d’éviter un effet « éponge » qui mènerait à une dépression. Merci et bonne écoute/lecture.  

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Nouveau : Écoute l’article si tu n’as pas la possibilité de te concentrer à la lecture (métro, sport, etc.)

Au commencement : un échec et une dépression

Début septembre 2016 : arrêt de ma licence 3 informatique au bout de quelques jours de la rentrée et début d’une dépression car c’était mon premier réel échec pour moi. J’ai tenté de me suicider à plusieurs reprises avec un couteau pointé sur ma poitrine. 

Je suis retourné tout de suite chez mes parents. Pendant 3 mois je suis resté dans ma chambre h24 7j/7 (à part pour manger). J’étais devenu un zombie qui n’avait plus aucun moral ni motivation, je pleurais et faisais que dormir tout en ayant plein de pensées noires. Parallèlement, j’avais également adopté le mutisme, je n’ai pas parlé pendant 3 mois. La seule personne à qui je parlais était le psychiatre du CMP de ma ville, qui me donnait à peine 30min par séance pour m’aider. En effet, il n’était pas du tout pédagogue et limite ne pensait qu’à me donner des médicaments (inefficaces)  

Déjà la lumière au bout du tunnel de la dépression?

Décembre 2016, le déblocage a commencé par la famille, le copain de ma cousine qui m’a proposé de faire de la figuration pour un film sur Paris, j’y ai été et ça m’a fait du bien. Après ça, j’ai commencé le sport dans une salle, j’ai fait une rencontre d’une personne de 15 ans qui m’a complètement bouleversé, je m’étais vidé en paroles pour la première fois depuis 3 mois grâce à lui. J’ai pleuré et lui ai fait un câlin alors que je le connaissais depuis 2h seulement. Ensuite une période euphorique s’est enclenchée, un client de mon père m’a pris sous son aile pour travailler dans le bâtiment pour un établissement scolaire à partir de mi-décembre. Je travaillais donc 5 jours par semaine en étant accompagné jusque dans le 17e à Paris. Je prenais toujours les médicaments pendant ce temps-là. 

En janvier, j’ai décidé d’aller voir en parallèle du CMP une psychologue dans le privé. Elle me permettait de parler de plus en plus à travers les séances et je me sentais écouter, avec une séance dédiée pour moi toutes les deux semaines. 

L’excès de travail nuit (encore plus) à ma santé et à ma dépression

En mars, en association avec le travail de bâtiment, j’ai cumulé avec le travail à McDonald’s pendant 2 jours par semaine (donc 4 jours bâtiment + 2 jours McDonald’s) 

Tout se passait à peu près bien au fil des mois, même si au bout d’un moment les pensées noires et négatives revenaient, me faisant penser que je n’aurais aucun avenir à faire ces boulots, que toutes mes connaissances étudiaient et se voyaient, avaient une vie sociale quoi, alors que moi je passais tout mon temps à travailler. Vers mai-juin, cela a commencé à peser lourd. J’allais au boulot à reculons, je n’avais pas le moral en travaillant, je ne souriais plus, je craquais même psychologiquement en pleurant vers la fin. 

Même en voyant la psychologue avec mes séances, cela devenait super dur à me contenir et à me remonter le moral. 

Vers fin juin, j’ai complètement tout lâché et tout arrêté de force car je n’en pouvais plus, j’étais revenu au stade de Septembre 2016 (larve). Voyant mon état durant une séance et ne sachant plus quoi faire, la psychologue m’a recommandé à moi et à ma mère d’aller voir une clinique psychiatrique spécialisée en dépression. Réticent au départ, je me suis dit que ça ne pouvait pas être pire. Je suis rentré après un entretien psychologique le 4 juillet 2017. 

Les cliniques sont-elles aussi horribles qu’on le dit ?

Les premiers jours ont été très difficiles, je pleurais beaucoup et appelait mes parents en pleurant et en voulant tout envoyer chier. Au fil des jours, je me suis sociabilisé un petit peu, on m’a changé mes médicaments pour un traitement meilleur. J’avais des rendez-vous récurrents avec un psychologue et surtout un psychiatre très compétent. Voyant que mon état au bout d’1 semaine et quelques n’allait pas mieux, le psychiatre a décidé d’accélérer le traitement pour de meilleurs résultats, en m’administrant des médicaments par perfusion. Les résultats ont été bons. J’ai amélioré mon moral au bout de 3-4 jours, je me suis fait plein de connaissances dans la clinique, je me suis lié d’amitié avec certains, mon moral s’améliorait de jour en jour, les visites de mes parents étaient fructueuses pour eux de constater mon avancée. 

Vers la moitié du mois, j’ai eu l’idée de partir en août dans un organisme de jeunes de mon âge. J’ai convaincu mon psychiatre de sortir le 4 août 2017 de la clinique, sous réserve d’un état excellent. 

Cela a marché, je me sentais très bien. C’est même là que m’est venue l’idée de me relaxer en créant des poèmes

Le test de la stabilité dépressive

J’ai été donc faire ce voyage. Je ne connaissais personne là-bas, les premiers jours j’ai eu énormément de mal et j’ai pas mal pleuré et voulu rentrer de ce séjour. On m’a convaincu de rester jusqu’à la fin des 10 jours. 

J’en tire une expérience très enrichissante, avec un dépassement de moi-même. En parallèle pour la rentrée j’avais cherché avec l’aide d’une spécialiste du privé qui m’a fait faire un bilan d’orientation pour découvrir ce que je voulais faire comme métier réellement. Je me suis donc dirigé vers un dut information communication à Nancy. Je me sentais prêt à reprendre le cours de ma vie. Je me suis donc installé à Nancy début septembre et entrepris mes cours pendant 1 mois sans problème. Le souci, c’est que je ne prenais pas bien mes médicaments du tout, je les oubliais et je faisais beaucoup la fête. 

Au bout d’un mois, ayant eu une grosse déception d’un groupe de nouveaux amis de Nancy, je suis retombé dans le plus profond de mon être et ai essayé à nouveau de me suicider. (même procédé qu’en septembre 2016) 

Je suis directement retourné chez mes parents et ai regretté mon geste. Je suis retourné 1 semaine seulement à la clinique psychiatrique histoire de reprendre le rythme de la prise de médicaments et revenir en forme.

Abandonner ou ne pas abandonner, telle est la question d’une dépression

Vers fin novembre, je me lamentais de devoir perdre encore une année de plus à gâcher ses études. Je me suis donc mis en tête de trouver une formation à rejoindre en cours d’année. Malgré mes recherches, aucune école ne m’a accepté. Fin décembre, j’ai réussi à trouver un lycée qui me prenait pour un bts communication à aulnay sous bois, une banlieue assez chaude. Je n’avais pas le choix, j’ai donc accepté. 

En janvier 2018,afin de pouvoir aller à aulnay (40 min) de chez moi, j’ai du acheter une voiture. 

La rentrée n’a pas forcément été facile pour m’intégrer. 

Les cours cela dit m’intéressaient pas mal, mais le fait que les élèves de ma classe étaient très perturbateurs, c’était très dur ces 2 années de lycée en bts. Pour la faire courte, j’ai été premier de ma classe largement, je me. Suis fait quelques amitiés parmi mes camarades dans la difficulté. Vers la fin du bts, j’ai pété un plomb sous la pression de quelques harceleurs. J’ai quand même réussi à finir le bts et à l’obtenir avec une moyenne de 16,63. 

J’étais fier de moi d’avoir réussi à tenir ces deux années et d’avoir enfin trouvé ma voie. 

Se reconstruire après ces épreuves

Ce que je n’ai pas dit c’est que de novembre 2018 à juin 2019, j’ai été suivi par une autre psychologue (après avoir éliminé deux autres psychologues), qui elle m’aidait beaucoup plus, maintenant que j’avais l’esprit plus clair et moins noircit par la dépression, j’ai pu travailler en profondeur et très efficacement sur moi-même, sur le relationnel, l’amour, l’amitié, la famille etc.  

Courant juillet 2019, je me posais au final la question de qu’est-ce que je pourrais faire après ce bts communication. Le problème c’est que je n’étais pas forcément à ma place dans le côté créatif de la communication, je préférais analyser les comportements, le relationnel, les chiffres. Du coup pendant tout le mois de juillet je me suis débrouillé pour trouver une alternance en Marketing. C’était très dur et j’ai travaillé énormément sur tous les sites de recrutement et d’annonces pendant 1 mois complet pour finalement avoir l’entretien unique à BNP Paribas où j’ai été accepté et où je bosse actuellement. 

Parallèlement, cette année à été très heureuse pour moi, j’ai eu ma première (vraie) copine en début mars 2019. C’est sûrement cela qui m’a conforté dans mon moral et dans mon bonheur afin d’avoir un soutien non négligeable. 

Si j’ai bien appris un truc au cours de ces 3 années de dépression, c’est que la lueur d’espoir ne doit pas cesser de s’illuminer, aussi petite soit la lumière, il y aura toujours un espoir. Les rebondissements et les baisses de moral arriveront périodiquement, mais c’est la façon de les appréhender qui fait qu’on arrivé à les surmonter. 

Également, je sais que sans aide, je n’aurais jamais pu atteindre l’endroit et la vie à laquelle je suis aujourd’hui. 

3 ans de dépression séparent ces deux photos
Deux individus fondamentalement différents pas vrai ?

Il ne faut jamais affronter sa dépression seul. Toujours se faire aider.  

Mon experience

Une solution est de parler à ses proches : c’est le plus simple et le plus efficace à mon sens.

En cas de besoin, un numéro pour parler : 09 72 39 40 50 ou le site Sos Amitié

En cas d’urgence et d’envies de suicide, un numéro joignable 24h/24 et 7j/7 : 01 45 39 40 00 ou le site Suicide Écoute

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[…] me confier ainsi que mettre des mots sur ce que je pensais afin d’avancer encore plus vite lors de mes séances avec ma psy lors de ma dépression : « Comment écrire un journal intime 2.0 […]

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